" le riff devient beat "
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Musique entre les mains de ….Ecrit le 18 septembre 2007 par Thibaut Free (Deezer) ou encore Neuf telecom, viennent d’annoncer des formules gratuites et illimitées d’écoute de musique en ligne. Pourtant, après avoir violé le droit d’auteur et laissant faire le peer-to-peer sur leur réseau, ils proposent un solution « légale » et gratuite. Mais a quel prix ? Celui de devoir laisser à l’annonceur le choix du prix d’une écoute. C’est à dire que chaque écoute serait facturée quelques centimes à un annonceur. Un paragraphe entier du livre « Gratuit !» d’Olivier Bomsel explique comment la gratuité et le numérique, sans aucunes limites matérielles, ni contraintes de capacité se sont déployés à partir de 2000. L’auteur l’a illustré par un exemple où la musique se sacrifie au bénéfice du déploiement de toute la chaîne du numérique. Tout le monde connaît l’histoire. Flash Back Peer-to-peer Ce bien culturel, la musique, éloignée des raisonnements économiques a cette force imprévisible de créer des effets de mode, du bouche à oreille, du désir …. Il serait donc très efficace pour permettre au haut débit qui ne suscite pas de réel utilité d’enclencher des effets de réseau, c’est à dire : « plus c’est utilisé, plus ça a de la valeur ». En résumé, plus Internet sera utilisé pour télécharger de la musique et des films, plus l’accès à Internet prendra de la valeur. Une utilité forte est née de la part des non connectés à se procurer le haut débit dès 2001. Avoir de la musique, des films, des programmes et de l’information gratuitement rend extrêmement utile de souscrire à un abonnement à un fournisseur d’accès. C’est un peu le « cadeau Bonux offert par les fournisseurs d’accès à l’Internet (FAI) en prime à leurs abonnés payants » si je reprends une phrase de Laurent Bloch. Sauf que les cadeaux sont en quelques sortes volés puisque les réseaux peer-to-peer contournent ouvertement les droits de propriété des artistes et ayant droits. Le haut débit va donc se développer à grande vitesse, les revenus des abonnements servant à financer des relais Internet et le déploiement des appareils et terminaux numérique. L’expérience musicale Se pose maintenant le problème de rémunérer les artistes pour leur travail, ou plutôt pour les effets positifs qu’ils exercent sur toute la société. Prendre du plaisir, s’oublier un moment, danser, rêver en dégustant un morceau de musique n’a pas de prix tant ces moments peuvent être rare. Entre acheter une bonne bouteille de vin et un bon disque, le plaisir et l’expérience peuvent paraître similaire. A la différence que l’un peut être sous une forme non palpable, pas matérialisé et n’ayant pas de coût de production apparent. Sans bouger de chez moi, il est disponible sans freins particuliers. On en déduit que ça ne mérite pas d’être payé puisque personne n’a façonné de ses mains le fichier MP3 que je télécharge sur mon ordinateur. 1er raisonnement résultant d’une pensée économique classique dominante dans les pays latin. Le second raisonnement est dû à l’action des FAI à partir de 2001. Comme des « Robin des bois des temps modernes », ils ont donné le sentiment aux internautes d’entrer en révolution contre les « grandes méchantes » industries culturelles qui pillent les musiciens et les auteurs en téléchargement massivement la musique dans les réseaux peer-to-peer. La faute aux réseaux de distribution aussi, c’est certain. Le viol les droits de propriété intellectuelle, sous cette forme, devient acte révolutionnaire. Le troisième raisonnement est purement utilitariste, c'est-à-dire que la valeur d’un bien, produit ou service n’est pas liée à son coût de production mais à l’utilité personnelle ou sociale que le bien procure. Un raisonnement plutôt présent dans les pays anglo-saxons. De l’utilité à la valeur La valeur donnée à la musique est terriblement différente entre ces trois cas de figures. Le troisième raisonnement est porté par les personnes sensibles aux effets de la musique et de ce qui l’entoure. Moi-même, je veux pouvoir regarder la superbe pochette faite par La Bocca, découvrir le livret avec la liste du matériel utilisé par 120 Days ou de tomber dans les spirales psychédélique d’Audion que j’écoute avec attention du début à la fin, de vivre « l’expérience album ». J’aime aussi écouter de la musique déconnecté de cet ordinateur qui monopolise mon attention ou bien d’avoir la possibilité de me procurer à n’importe qu’elle heure le titre qui m’a intrigué la soirée dernière. Avec le numérique, je suis pourtant de plus en plus satisfait. Se pose alors la question de l’utilité d’acheter de la musique pour le plus grand nombre (ceux qui n’ont pas ce goût prononcé pour la musique, cette expérience si particulière). On leur propose une offre toute en un de type licence globale : une sorte de forfait façon EDF où la musique se consommerait de la mène façon que l’électricité ou l’eau. Ou bien, il existe ces offres gratuites d’écoute en ligne rémunérées par la publicité. Comme les consommateurs ne sont plus prêts à payer pour de la musique, la rendre gratuite est le seul moyen de les toucher. Les annonceurs seront ravis, et encore plus le jour où ils commenceront à choisir les titres les plus rémunérateurs car ils correspondront à des profils sociaux particulier. On créera des cellules de marketing capable de cibler un groupe de personnes en fonction d’un titre. Le producteur et l’auteur dans toute cette invention ne seront que spectateur de l’usage que la plateforme et les publicitaires feront de leur création. Surtout lorsque la diffusion se généralisera sur les mobiles et qu’il ne sera plus utile de posséder le fichier. Que deviendra la musique lorsqu’on ne fera plus attention à elle ? Et la valeur de la musique dans tout ça. Ce sont ces tuyaux numérique qui vont établir eux même la valeur au morceaux. Par un coût par clic ? La popularité ? La beauté de ses arrangements ? L’engagement ? Ou bien en laissant le consommateur fixer le prix ? Lui offrir en achetant un paquet de gâteau ? Tout cela risque de devenir honteux et catastrophique. Le gratuit, la finalité En obtenant une audience particulièrement élevée grâce à une alléchante offre gratuite, les plateformes numériques de diffusion de musique vont simplement vendre ; en fonction des annonceurs ou d’autre acteur de la chaîne ; du contenu, qu’il soit amateur ou génial. Aucune différenciation du contenu ne se ferra, l’auditeur se référera à un algorithme pour trouver de la musique, les artistes seront dépendants des annonceurs. A vouloir séparer les bien culturels de l’économie, l’état s’est aveuglé. Les industries culturelles ont pris un retard considérable sur les acteurs de l’industrie numérique. Une partie du livre « Gratuit ! » d’Olivier Bomsel est dédié à cela, sans parler du déclin, mainte fois expliqué, de l’industrie musicale. Mais dans la majorité de l’ouvrage, il traite des mécanismes économiques et pervers du gratuit. Le gratuit, une arme concurrentielle, génératrice d’effets de réseaux, créant des combats déloyaux ou des monopoles abusifs. Il est aussi trompeur car quelqu’un payera forcement. Mais aussi dangereux car il devient un instrument privé aux services des entreprises. Liens connexes : - Gratuit ! Du déploiement de l'économie numérique (Poche) d'Olivier Bomsel - Place de la toile ( France Culture) le Vendredi 7 Septembre avec Olivier Bomsel et Isabelle Wekstein - Article « La gratuité, c’est le vol » de Laurent Bloch - Article « Gratuit ! » de Laurent Bloch - Article « De la musique "Universal" dans ta lessive Bonux... » par Sok Borey
by joey Catégories : musique future reflexion internet ![]() Réagi à cet article ! Ajoutez votre commentaire ci-dessous (vous devez être connecté) Vous devez vous identifier pour ajouter un commentaire En vous inscrivant sur Hi-nu, vous pourrez créer et gérer votre agenda personnel, gagner des invitations, participer aux différents concours organisés ou faire la liste de vos disques préférés. Hi-nu est aussi une expérience individuelle. Personnaliser la lecture et la navigation du site en fonctions de vos envies et de vos goûts est possible. |
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