" On prends le temps de se poser, on se laisse entraîner, on se perd, comme devant un film ou une peinture. "
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Ecrit le 29 octobre 2008 par Thibaut Depuis plusieurs années, l’industrie musicale souffre indéniablement d’un manque de contrôle sur la diffusion de ses contenus. Créer un nouveau format de fichier contrôlable suffisamment intéressant pour l’auditeur et parvenir à s’imposer massivement en douceur solutionnerai ce problème. C’est l’idée sous-jacente d’Audionaut, une société qui a crée et sorti récemment le format de fichier musical MXp4 (cf. : mxp4). Cette technologie est "révolutionnaire" d’après ses créateurs (Gilles Babinet, Sylvain Huet et le producteur Philippe Ulrich) car elle permet de créer des fichiers audio comportant des "skins" qui sont autant de versions différentes d’un morceau original. Le but de ce format est d’interagir avec la musique en changeant "l’ambiance" du morceau selon ses envies. C’est finalement le même qu’avaient ces petits appareils dans les motels américains qui permettaient de diffuser de la muzak dont on pouvait modifier le tone, la vitesse et le pitch, à sa guise, accommodant la musique avec son humeur. Le fichier MXP4 est lisible avec un lecteur portable spécifique ou avec un logiciel à installer. L’utilisation est très simple, le morceau se lance et il suffit de changer un « skin » disponible à tout moment. Une révolution en effet pour un produit crée pour le grand public qui a déjà considéré que la valeur de la musique au format numérique serait maintenant nulle. Attribuer un coté ludique en plus à un fichier numérique musical devrait redonner un semblant de valeur, la musique étant devenue secondaire. Serait-ce l'arrivée en masse de ce que certains appelaient "Fusion" ? L’expérience mxp4 est finalement pauvre. Passer du "Robot war skin" au "Pacific Jazz skin" évoque les variations des arrangements préenregistrés des synthés MIDI Casio que l’on déballait à Noël. Il faut patienter jusqu'à un pont, un break ou que 16 mesures s’écoulent pour que la musique change de « peau ». La première impression est ce manque de naturel dans les variations et aussi le fait que je ne peux pas mettre n'importe quels morceaux pour voir ce que donnerait « I feel love » en version reggae par exemple. Cela aurait été un gadget sans prétentions commerciales, que de nombreuses personnes auraient utilisées pour se faire des nouvelles versions, et cela aurait été la chose la plus excitante depuis le bootleg et les 2 many djs. Mais non... Une soupe sans goût Etre actif sur la musique est une idée intéressante, mais cela doit être pensé plus profondément et même au moment de la création, en jouant sur les articulations d’un morceau, les densités de son, les structures rythmiques au risque même de perdre tout sens initial. Dans le cas du MXP4, "l’artiste", ne se pose plus de question. Il propose toutes ses pistes, bonnes ou moins bonnes, et l’auditeur écoutera ce qu’il lui plaira. Cette soupe fade que tout le monde appréciera sera "universelle". On entrevoit les traits d’un objectif douteux. D’un coté, la volonté de redonner de la valeur à la musique en la transformant en nouveau produit technologique très contrôlé et ludique. De l’autre, contraindre les artistes à fournir des morceaux universels sans âme pour l’auditeur et standardisé pour l’industrie. http://www.mxp4.com/Catégories : musique economie format ecoute |
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