" Ca brille et ça craque sec comme une bûche en train de se consumer. "
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Ecrit le 09 mars 2010 par Thibaut Isolé dans une ferme à Malibu en Californie, Hecuba enregistre son nouvel album. Jon Beasley et Isabelle Albuqueruque forment un duo qui maitrise autant l'espace que le temps et "Paradise", leur premier long format, l'atteste. Entre tragédie humanoïde futuriste et théâtre musicale, ils produisent une musique sèche et minimaliste qui donne de la place au mouvement du son et du chant.
Est-ce que vous écrivez et visualisez votre musique avant de la créer ? Isabelle Albuquerque : Parfois nous réalisons vraiment un monde visuel avant de créer un morceau ou de nous plonger dans l'enregistrement d'un album. Nous concevons des vêtements et des images qui font partie de ce monde et nous essayons vraiment nous entourer de tout ces éléments et de nous fondre dans cette imagerie. Les murs de notre studio sont toujours recouverts d'images de film et des lieux que nous voulons avoir visuellement autour de nous. C'est presque comme si nous construisions un décor pour un flim. Ensuite nous construisons la bande son qui est l'album. Et de ce fait, nos vidéos sont un peu comme le dernier maillon. Du mois, c'est comme ca que cela s'est passé pour la réalisation de Paradise. Il y a des formes assez identifiables dans vos morceaux. De la préparation aux variations jusqu'aux derniers évènements. Est-ce que les origines de vos morceaux se trouvent dans des histoires réfléchies. Nous n'y avons jamais vraiment pensé de cette façon, mais j'aime cette idée. Nous utilisons souvent des sons qui représentent un élément spécifique à une histoire et avons toujours été profondément inspiré par Pierre et le Loup de Prokofiev, dans lequel les différents personnages sont incarnés par des instruments aux sons spécifiques. L'accessibilité et la simplicité de cela nous interpelle vraiment. Et quelquefois nous utiliserons certains sons pour symboliser un sentiments ou choses. Par exemple, lorsque nous jouons "Mile Away" en concert, les flutes apparaissent pour représenter les sirènes d'une ambulance et souvent ces morceaux deviennent très effrayants, comparable à une scène juste après un crime. Pourquoi mixez vous souvent la voix naturelle et sa version transformée digitalement ? D'où est-ce que cela vient ? De la science-fiction ? Oui, je pense que cela a quelque chose à voir avec la science fiction, le futur et une certaine forme de perfection qui est souvent évidente dans la pop music et dans l'art. Le seul morceau dans lequel nous avons vraiment utilisé la voix digitale est "The Magic" et je pense que la voix se prête à un sentiment de profonde solitude. Cette sorte de solitude que l'on pourrait peut-être ressentir dans un futur avec très peu de contacts humains. A chaque fois que je pense à cette voix je pense à la mère dans le film A.I.*. Son fils est doté d'une intelligence artificielle. Il a de vrais sentiments mais elle n'arrive pas lui apporter son amour. C'est une tragédie, comme Hecuba. *Artificial Intelligence, S. Spielberg, 2001 Photo : Lauren Dukoff http://www.hecubahecuba.com/Catégories : interview artiste studio |
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