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![]() Rencontré quelque mois âpres la sortie de son album « Foley room », le plus réussi de son œuvre, j’ai voulu recueillir quelques impressions sur son trajet et ses découvertes. Pour de nombreux sons, on a l'impression qu'ils vont être très bons et puis ils finissent par devenir vraiment ennuyeux. Mais l'inverse est vrai aussi. Pour être honnête, le meilleur son que j’ai trouvé venait d’une balle de plastique avec d’autres balles à l’intérieur. Une douzaine de son étaient vraiment excitants car la spatialisation stéréo à l'intérieur était incroyable. Je pense que je pourrais trouver de nombreux sons intéressants dans les relations sexuelles entre animaux. L’album est une fabuleuse pièce orchestrale et je pense qu’il se dégage beaucoup d’amour dans votre musique. Es tu heureux de pouvoir retranscrire tes émotions en musique? Je me sens vraiment chanceux d’en être capable. J’ai beaucoup de choses à exprimer et je déteste être une personne mauvaise ou violente. C’est mieux de réussir à exprimer plusieurs émotions que tu peux canaliser en une. Etait-ce une bonne expérience de travailler pour cet album? Yeahh. Pour moi, c'était un moyen de faire des rencontres, de voyager et de profiter pleinement de ce processus de fabrication. Je n'avais jamais fait ça auparavant alors c'était excitant, comme d'être dans un gang. Tu as ton gang et tu te promènes, et il t'arrive différentes aventures. Ce fut vraiment une bonne expérience. Qu’as tu appris? J'ai appris des choses au niveau de l’enregistrement parce que tous mes albums sont fait à partir de samples de vynils. Ce fut un bon moyen d’apprendre au sujet de l’enregistrement de sources sonores, des micros, des musiciens un peu et d’autre chose comme la mise en boucle de bande. J'ai appris beaucoup de chose en ingénierie sonore et sur les techniques pour faire un bon mixage. J’aime tous ces domaines. Quand vous composez, quittez-vous la réalité pour atteindre ce niveau de perfection? Je ne pense pas être hors de la réalité. Même si tu es déconnecté du monde réel quelquefois, tu restes dans une véritable expérience. Donc, même si tu prends des drogues psychédéliques, cela reste aussi une réelle expérience. Même si c'est vraisemblablement séparé du monde réel, ça en fait parti ! Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de travailler d'une manière particulière. Je pense que chacun à besoin de trouver sa meilleure manière de fonctionner et de le rendre le plus riche possible. C’est ce que j’essaye de faire. Dans ce dernier album, vous avez cherché un lien entre différents sons comme en mixant des sons d'essaim de guêpes avec de la surf music. Vouliez-vous créer une illusion sonore ou bien trouver une nouvelle matière sonore? Je vois les sons comme une mixture de fréquences et de textures. Je trouve des couches qui ont déjà un rôle en tant que son et je leur en donne un nouveau. Ensuite, j'essaye de les mélanger pour obtenir un ensemble cohérent. Par exemple, je peux trouver une texture dans le son d'une guêpe et peut-être faire un lien où peut être qu’il y a une texture semblable à quelque chose de différent venant d'ailleurs. Et puis tu trouves cette base commune entre les sons et ensuite tu les superposes avec autre chose qui a un rôle différent comme une fréquence douce et tu essayes de sculpter quelque chose dans toutes ces couches à différents endroits. Dans “Ever Falling”, j’apprécie les tensions rythmiques et les chocs. Je suppose que le rythme est votre jeu favoris. Pourquoi lui donnez vous une forte importance? Oui c’est vrai, le rythme a toujours été au centre de ce que je fais parce qu'on peut vraiment faire beaucoup de chose avec et j’aime la notion de capturer une part d’énergie et l’étirer en même temps. La rythmique est très appropriée pour ça. A la fin de l'album, je sens une délivrance, avec une forte ascension. Je pense que vous avez voulu dire merci aux auditeurs avec ce morceau ? Oui, c’est absolument ça. Exactement. Tout n’est pas facile à digérer dans le disque et j’apprécie le fait de remercier les gens d'avoir supporté ce petit voyage avec moi. C’est intéressant tout le long mais ce n’est pas toujours facile. Vous donnez de l’importance à l’esthétique dans votre musique. Pensez-vous que ce soit le moment de faire des concerts dans un espace rempli de haut-parleurs comme lors du concert au GRM a Paris (Festival présence). Est-ce important pour vous de créer un espace pour la musique? La musique que je fais n’est pas faite pour la performance. Je ne suis pas un performeur, encore moins une rock star. Je suis intéressé par le son et donc c'est un problème lorsque je me produit car les gens viennent et veulent voir un spectacle sur la scène et ce que j’essaye de faire à la place est un spectacle là où est le public, autours de lui en mettant l’accent du spectacle sur la piste. J'espère que les gens comprennent que ce qui me correspond est le son et que l’expérience est différente d’une énième extravagance multimédia. Ca a été intéressant cette année, de jouer avec la spatialisation stéréo, la spatialisation suround . C’est une façon d’écouter de la musique dans un environnement auquel les spectateurs ne sont pas habitués. Thibaut |
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