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![]() Ce Cheval sombre se croise au coin de la compilation du magazine Esopus numéro 9 puis on découvre que c’est Darshan Jesrani de Metro Area qui a produit ce premier morceau « I sleep ». Ensuite on apprend qu’il va sortir un disque avec Peter Kember ( Spacemen 3, Spectrum, Stereolab, Sonic Boom). Mystères et ombres noires, c’est avec ses longues et mouvantes notes avec guitare et voix qu’il établi le premier contact. On s’entend penser « how does it feel », mais le violon, les différentes strates aigues portent encore plus haut les intentions spatiales et cosmiques de ce New Yorkais. Pouvez-vous nous parler précisément de cette rencontre et collaboration avec Peter Kember et ce qu’il y avait dans la démo que vous lui avez envoyé? Après l'enregistrement presque complet d’un album qui me valut beaucoup de temps à la maison, j’ai emporté les morceaux pendant de longues promenades, vraiment partout, errant à travers la ville ou au bord de la mer avec mes écouteurs et j’étais très heureux avec, mais quelque chose, une certaine présence, semblait encore manquer. Et après avoir pris le temps, beaucoup, beaucoup d'écoutes plus tard, je me suis rendu compte que ce quelque chose était Sonic Boom. Je lui ai envoyé quasiment tous ces premiers enregistrements et finalement nous nous sommes rencontrés à un étonnant concert qu'il a donné à Deitch Projects à New York, et nous avons commencé la planification des séances d’enregistrement en studio avec Nick Kramer, une personne véritablement excellente. La maison de Nick est en dehors de Jersey city, dans une ancienne boulangerie rénovée, et ces gars m’ont enfermé dans ce qui était autrefois la chambre froide, assis sur un tabouret avec des micros, ma guitare acoustique et quelques bouteilles de vin. Lorsqu’ils m’ont libéré ce premier jour, j’avais joué environ neuf chansons. On devait les écouter sur des cd individuels la nuit et revenir en studio le lendemain avec de nouvelles idées. En tant que producteur et musicien, Pete est revenu avec une myriade d'idées, toutes instinctives, naturelles, imaginatives, ce qui était tout à fait rafraîchissant. L'écouter jouer n’importe quoi du clavier au tom grave de la batterie me rappela précisément la raison pour laquelle je l’avais invité. Nos moments ici étaient totalement alchimiques, rien de moins. Vous semblez enregistrer beaucoup à la maison, comment avez vous travaillé sur cette première démo? J’enregistre à la maison, habituellement je commence par la guitare et la voix. Après des écoutes répétées, j’ai tendance à entendre d’autres mélodies émerger. Elles peuvent être simples et minimales et d’autre fois profondes, compliquées et complètement orchestrales. Parfois, les morceaux viennent dans mes rêves et je les enregistre au réveil. Les mélodies ont une façon de dicter la manière dont elles doivent être écrites, interprétées et elles choisissent les instruments qui leur vont le mieux : la voix, la guitare, le clavier, etc. Les percussions de cette première démo ont pour la plupart été enregistrées live avec les maracas, les tambourins, des claps et tout ce que je pouvais trouver. Après plusieurs mois, les chansons étaient construites et j’ai réalisé que j’avais au moins un album complet. Mais les choses semblent avoir changé avec l’implication de Darshan et Peter. Comment le travail avec d’autres personnes vous a fait évoluer? Travailler avec Darshan et Peter a vraiment élargi ma vision des possibilités en musique. Collaborer était quelque chose que j’avais exclu pendant plusieurs années et ces deux musiciens ont vraiment transformé mes a priori. Je trouve les disques de Darshan exceptionnels (Metro Area, Arcade Lover..) .Bien que nos styles musicaux diffèrent ; mes morceaux sont à 2 bpm et les siens à 120; on utilise un langage très proche. Il a été l’ingénieur du son du morceau pour le magazine Esopus dans son studio à Bed-Stuy, là où il cuisine ce qui pour moi est parmi les meilleurs morceaux de dance music jamais enregistrés. Il est très gentil et humble. C’est une pure découverte de travailler avec quelqu’un qui a une si différente diversité d’outils pour s’exprimer. Personne ne peut s’imaginer à l’avance ce qui se passerait et avec Dar et Pete les découvertes valent de l’or. Alors qu’avec Dar je peux tout discuter, collaborer avec Peter fut beaucoup moins verbal, c’est plutôt télépathique. Il y a eu des moments où après avoir terminé l'enregistrement d'une chanson, alors que j’avais déjà le prolongement d’une mélodie dans ma tête, je sortais de la cabine et Pete était déjà en train de la siffler. Aucune discussion. Dix minutes plus tard, elle était parfaitement écrite. En effet, un luxe que seule la télépathie peut apporter. Est-ce que Spacemen3, Spectrum, Stereolab sont des groupes qui vous ont mené à faire de la musique? Je dirais que oui, ces trois groupes m’ont fait différentes impressions. J’ai d’abord entendu Spacemen 3 pendant la misère de l’école. C’était l’album des répétitions à Rugby ; et j’ai été instantanément transporté dans un état de grâce. Un jour, j’ai dit ça à Pete et aussi humble qu’il est il a simplement souri. Ensuite, j’ai été frappé par l’album Soul Kiss de Spectrum et ses vastes rêveries alors que je vivais des moments difficiles sans dormir pendant des semaines. Il fut du plus grand confort. Dans les années 92-93, il y avait une copie de "Switched On" par Stereolab qui était diffuée par une station de radio d’un lycée des alentours. Je me souviens de virées en voiture avec des amis sur les routes de campagnes en écoutant ça. Quel a été votre premier choc musical? La musique a un véritable effet sur moi, il y a eu tant de chansons qui à des moments inespérés m’ont saisies jusqu’aux larmes. Je me souviens qu’il y avait ce disque intitulé Le Mystere Des Voix Bulgares qui semblait venir de nulle part dont la beauté était paralysante. Un peu plus tôt aujourd’hui, j’ai été frappé par d’obscures rééditions d’ « As Tears Go By” que je n’avais jamais entendu. Est ce que vous collectionnez les machines vintage, les pédales d’éffet? Qu’est ce que vous collectionnez ? J’ai hérité d’un joli ampli à lampe Fender d’un vieil ami il y a longtemps et j’ai reçu quelques guitares en cadeau mais je n’ai malheureusement pas la place pour autre chose chez moi. Qu’est ce que vous pensez si je vous dis que la musique rentre dans un nouvel age cosmique? Et bien, que l’on pourrait tous y rentrer avec une expérience de la vie bien plus harmonieuse à tous les niveaux Pouvez-vous nous décrire votre vision de cela ? J’y penserais la prochaine fois que je regarderais les étoiles, j’essaierai de donner du sens à ce qui se passe sur cette planète. uk Cheval Sombre interview Can you talk precisely of this meeting and collaboration with Peter (Sonic Boom) and what was in this demo you sent to him? After recording about an album’s worth over much time at home, I’d take the tracks on long walks, everyplace really, wandering through the city or at the ocean with headphones on, and I was very happy with them, but something, some presence, still seemed missing—and after taking the time, many, many listens later, I realized that that something was Sonic Boom. I sent him much of those first home recordings, and we met finally at a stunning gig he did at Deitch Projects in New York, and started planning some studio sessions with Nick Kramer, a truly excellent soul. Nick’s place is out in Jersey City, in a converted bakery, and those guys essentially locked me in what used to be a walk-in freezer, sitting on a stool with mics and my acoustic guitar and a few bottles of wine. When they set me free that first day, I think I did about nine tracks. We’d all listen on separate cd’s at night, and come back to the studio with fresh ideas the next day. As a producer and musician, Pete would come to the table with myriad ideas, all of them instinctual, natural, imaginative—utterly refreshing. Listening to him play everything from sound to keys to a lone bass drum reminded me of precisely why I sought him out. Our time there was alchemical—nothing less. You seem to be be a home recorder, how have you worked on this first demo? I do record at home, usually first with guitar and vocals. After repeated listens, I tend to hear other melodies swimming about, sometimes a simple, minimal one, and other times wide, complex, sweeping orchestral ones. Sometimes pieces come in dreams and I record upon waking. The melodies have a way of dictating how they’d like to be performed, writing themselves, and they choose the instrument best suited, whether it be voice, guitar, keys, etc. The source of percussion on the first demo was largely natural and live—shakers, tambourines, hand claps, anything really. After some months, the songs had built up, and I realized I had a record’s worth. But things are changing also with Darshan and Peter, how working with other people has changed your vision? Working with both Dar and Pete has very much expanded my vision of possibility. Collaborating was something I had strayed from for quite some years—and both musicians have very much restored my faith in that regard. I think Darshan’s records are exceptional—Metro Area, Arcade Lover—and while our styles or genres differ (my songs are like 02 bpm to his 120), we speak a very kindred language. He engineered the track for Esopus at his studio in Bed-Stuy, where he cooks up what is to my mind some of the greatest dance music ever recorded. He is one of the world’s most kindest, humble souls. It is pure discovery to work with someone with such a different set of tools with which to express himself. One cannot imagine ahead of time what will transpire, and with Dar and Pete the discoveries are golden. While Dar and I might discuss everything all at once, collaboration with Pete is less verbal, telepathic. There were times when I finished recording a song, and had a melody lingering in my mind, and when I came out of the booth Pete would already be whistling it. No discussion. Ten minutes later he would be laying it down, perfectly. Indeed, a luxury only telepathy could afford. Are Spacemen3, Spectrum, Stereolab some bands that have lead you to make music ? I suppose so—I’d say yes, those three bands have made distinct impressions. I first heard Spacemen 3 amidst the misery of school—it was the rehearsals in Rugby record—and I was pretty much instantly delivered to a state of grace. I told this to Pete, and as humble as he was, he just smiled. Spectrum’s “Soul Kiss” record and its sprawling reveries got me through a tough time when I did not sleep for weeks, and it was of the greatest comfort. In about ’92-’93 I think there was a copy of “Switched On” by Stereolab that was lifted from a college radio station floating around—I remember riding in a few different cars on country roads with friends listening to that. What is your musical formation, instruments, Machine manuals...? Most often I work with my voice and an acoustic guitar, on the fly percussion ideas… What has been your first musical choc? What is the last? Music has always had a great hold on me—there have been many songs, often at unexpected times, that have seized me to the point of tears. There was a record called Le Mystere Des Voix Bulgares that seemed to come out of nowhere I remember, was almost crippling in its beauty. There are too many experiences to name—it happens on a daily basis, truly. Would be unfair to hold one over another. Was just earlier today knocked-out by some obscure rendition of “As Tears Go By” I’d never heard before. Gorgeous. Do you collect vintage machines, effect pedals? What do you collect? I’ve got a nice Fender tube amp I bought from an old friend ages ago and a few guitars given to me as gifts, but my place is too small for much else. If there was more room—I don’t know. There’s something very fulfilling about working with just a few key sources. If I tell you that the music is going in a cosmic age what do you think about that? Well, we all could do with a more harmonious experience of life through and through… Can you describe your vision of outterspace? I’ll have to think on it next time I’m looking up at the stars, trying to make sense of what goes on here on this planet. ![]() Joey |
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