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Joakim

Joakim renoue avec des intentions primaires au travers de remix club de Tiga, Cut copy, Annie dans une compilation « My best remixes ». J’ai voulu savoir comment il abordait cet exercice, loin des conditions qui ont sans doute fait naître un album comme « Fantômes »…


Quelle facette de la personnalité de Joakim souhaites tu faire apparaître au travers de tes remix ?
Mon côté hache et peau de bête. Moins cérébral que sur mes disques donc.

Boites à rythmes, synthés et arpeggio très acid connoté « old school » me semblent très présents dans la trame de fond, utilises tu un jeu de matériel particulier pour tes remix ?
Non, je fais feu de tout bois, j'aime bien essayer de nouvelles machines pour les remixes. Mais c'est vrai que j'utilise beaucoup de vieux matériel, synthés, effets et périphériques vintage. D'où la couleur un peu oldschool, mais c'est ce son un peu sale que j'aime.

Où est la part d’interprétation dans un remix ? On sent que cela se situe généralement dans le rythme et l’habillage d’un thème mélodique ?
Ca dépend de chaque remix. Parfois, je pars d'une séquence très courte et construit tout autour, en général parce que je n'ai pas le choix (pas de pistes séparées comme sur le Lionel Hampton). Dans ce genre de situation j'ai aussi une fois rejoué les harmonies du morceau original (Antena) tout en m'en éloignant beaucoup. Quand j'ai plus de matière, je peux plus m'amuser à déconstruire le morceau. C'est comme un jeu de Lego en somme, on a une maquette de départ et on essaie de faire autre chose avec les pièces disponibles.

Quelles sont tes intentions lorsque tu réalises un remix ?
Primo, faire quelque chose de dansant, deuxio, garder des éléments du morceau original afin qu'on le reconnaisse, troisio, même si je fais un remix pour les clubs, j'aime bien pouvoir l'écouter chez moi.

Comment arrives tu as ne pas être non plus trop prisonnier de l’original ?
Il suffit de ne pas y penser.

Les différentes recherches faites lors de la réalisation d’un remix ont elles déjà influencé tes travaux personnels ?
Bien sûr, quand je fais les remixes, j'expérimente pas mal de choses que je peux réutiliser dans ma musique sous d'autres formes. Ca m'a aussi appris à faire des morceaux plus formatés pour le club ce que je ne savais pas du tout faire quand j'ai démarré.

Je trouve que les remix sont assez indisciplinés et intéressants, même si les règles de la « club music » sont bien respectées. L’originalité touche-t-elle le public des clubs ?
Disons que quand je joue en tant que DJ dans les clubs, j'essaie de passer de la musique dansante mais qu'on peut aussi réellement écouter, j'essaie de mixer pour les filles (qui dansent) et pour leur mecs (qui picolent au bar ou matent les disques que tu passes) de sorte qu'on pourrait aussi écouter ces mixes chez soi dans son salon. Quand je fais un remix, c'est pareil, même si le format Club Music est un cadre à respecter, il faut que ce soit de la musique avant tout.

Quelles idées de remix pour un artiste n’as-tu pas osée composer ?
Aucune jusqu'ici.


Le remix dévoile-t-il le « réseau musical » d’un artiste ? C’est très important dans la carrière d’un artiste/producteur ?

Oui il y a un peu de "réseau musical" dans les remixes que fait un artiste, on voit qui apprécie ton travail et quels sont les labels "amis". Le remix montre aussi à quel moment un producteur est dans le vent ou pas. En particulier en Angleterre où sont fait une majorité des remixes de groupes indies ou signés sur les majors. Par période, les DA de ces labels demandent tous des remixes aux mêmes producteurs avant de passer à autre chose la plupart du temps. J'essaie de ne pas appliquer une formule à mes remixes pour justement ne pas faire partie des remixeurs jetables, ou les "usual suspects" comme disait James de Simian. Et effectivement, ça a été assez important pour moi, beaucoup de gens me connaissent aujourd'hui par mes remixes plutôt que par mes albums.

Thibaut


Interview Joakim
En savoir plus sur Joakim
Joakim Bouaziz est JOAKIM, acteur majeur de la nouvelle vague des musiques électroniques françaises. Issu du conservatoire, il apprend le piano des l’age de 6 ans avec le Maitre Abdel Rahman El Bacha. Pendant son adolescence, il découvre le rock indé puis s’immerge dans l’électronique via des labels comme Warp ou Mo’Wax, au milieu des années 90. C’est presque par hasard qu’il s’intéresse à la production, le jour où un camarade de lycée laisse un synthétiseur dans sa chambre. Il découvre de nouvelles possibilités sonores, et envoie ses démos à Gilb’r, patron de Versatile. Après quelques mois de travail, le premier album de Joakim ‘Tigersushi’ sort en 1999 sur la division Future Talk de Versatile, dédiée à des musiques plus expérimentales. Un album ludique qui emprunte nombre de samples au jazz modal des années 60...




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