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Interview Klanguage
Klanguage
Klanguage, c’est l’hybridation de deux producteurs Pierre et Clément et d’une chanteuse Marianne. Rencontre avec cet animal joueur et décalé qui peut autant virer « dance » que pop mais gardant toujours une même fraîcheur.
Pouvez-vous vous présenter brièvement ? Vos sensibilités ?

Marianne : Pour moi, c’est plutôt le jazz avec les voix chaudes comme Sarah Vaughan, Billie Holliday. Mais aussi, comme j’étais en 1998 à Londres, c’était l’époque Trip-hop avec Massive Attack et Portishead. Quand j’étais petite, j’ai écouté des choses comme Supertramp et j’ai commencé à parler anglais avec les Beatles.

Et l’envie de chanter, c’est pour revendiquer, dire quelque chose, interpréter ou … ?

Marianne : Pas particulièrement, c’est juste la voix en tant que telle, comme un instrument. Pour les vibrations dans le corps. C’est agréable.

Clément : Moi, c’est plus pop et musique électronique 8-bit plutôt « cheap tune ». J’ai récupéré la guitare de ma tata quand j’avais 18 ans et voilà, ça ne s’est plus arrêté. Ce fut exponentiel.

Pierre : J’ai fais le conservatoire quand j’étais plus jeune. J’ai fais du piano et sinon mes directions sont plutôt electro et hip-hop.

Et comment es-tu sorti de la rigidité du cadre du conservatoire ?

Pierre : L’adolescence.

Votre rencontre, la naissance du trio ? Quatuor sur scène ?

Pierre : sur scène nous sommes 4 mais l’album a été fait à 3. Mais à la base, c’était plutôt un duo entre Marianne et moi. On a commencé à faire des petits trucs. On faisat un morceau tous les 3 mois quand on avait le temps. Il y a eu un guitariste entre temps et Clément est arrivé il y a un an et demi. Et comme on avait déjà quelques morceaux, on s’est dit de continuer et d’enregistrer plus sérieusement.

Des morceaux sont datés ; 2 à 3 ans pour certain je crois. Le premier album semble avoir mis du temps à naître ?

Clément : au final non,

Pierre : certains morceaux sont nés il y a 2-3 ans

Clément : mais à partir du moment ou ça a démarré, le vrai travail de l’album a duré 6 mois.

Pierre : aussi, on n’habite pas tous dans la même ville et on a des projets musicaux différents et cela nourri le groupe aussi.

Clément : C’est ça l’intérêt. On a des choses différentes à faire et c’est pour cela que ça reste vraiment frais du coup.

Votre rencontre reste assez spéciale. Comment conservez vous eu envie de jouer ensemble ? Comment gardez-vous l’excitation de vous revoir pour poursuivre un morceau, le finir ?

Clément : Ah non pour moi c’est plutôt : « on va encore devoir voir notre boulet de Marianne !»

Pierre : et moi : « j’espère que ce soir il pourra y avoir du sexe avec Marianne !»

Pierre : mais ça marche. Il y a des hauts et des bas forcements quand on n’est pas un groupe et que l’on ne se connaît pas depuis l’école.

Clément : faut se réapprivoiser ! En fait, on a fait les choses complètement à l’envers. Tu prends le processus standard d’un groupe et tu l’inverses et voilà, c’est nous.

Et cette façon de travailler comme cela vous a convenu ?

Clément : j’ai toujours bossé comme ça.

Pierre : mais c’est plus notre culture. On est plus des rats de studio, producteurs que musiciens. On achète des nouveaux synthés et on reste dessus pendant des heures à bidouiller.

Clément : justement, je suis plus à l’aise en studio mais on commence à l’être autant sur scène

Vos morceaux plus pop et calme font référence a déjà beaucoup d’artiste contrairement a votre pop plus dance/club façon I Monster (« bloody minded ») si je reste est large. C’est cette dernière qui vous attire le plus ?

Clément : ça dépend des jours. Il y a des morceaux pour la bagnole, d’autres qui s’écoutent à fond …

…Les morceaux pop sont plus référencés.

Marianne : peut-être parce que pour moi, je me reconnais plus dans la pop car je prends des influences à droite et à gauche. Ce qui est plus dansant, j’assimile complètement et c’est pour cela que ça peut paraître plus frais.

Pierre : mais ça vient de la production. Les morceaux plus dansants sont faits plus vite et par expérience je sais que c’est plus cash, direct …

« Never over » est à mon avis le titre le plus fou et le plus détraqué. Je le trouve très représentatif de Klanguage. Quel a été le plaisir éprouvé pendant la création de ce titre en particulier ?

Pierre : je ne suis pas sur que l’on va te dire la vraie histoire … A la base, c’était une commande pour une publicité et on l’a fait dans une optique plutôt : « faire un truc idiot ». La campagne a été annulée mais on a décidé du coup d’en faire une version plus longue. C’était plus une contrainte à la base mais finalement, le morceau, on l’aime complètement.

Clément : Il y a « Chrysalis » aussi qui était une commande sur laquelle on nous a demandé de travailler. Une sorte de sujet imposé. Mais la campagne n’a jamais été diffusée et Marianne a chanté dessus et c’est devenu un joli morceau.

Cette relation avec la publicité est présente chez vous. La pub se désacralise ?

Pierre : il y a des grosses boites qui prennent des risques et qui sont dirigéée par des mecs qui viennent de l’indé. La personne qui nous a mis dessus c’est aussi à la personne qui a aussi mis « as we fall » pour la pub Air France…..

Cela veut dire que votre musique est dans le temps : drôle, divertissante….

Les trois : oui, certainement

Pierre : c’est sûr que nous le sommes assez de par nos autres projets. On est assez attentifs pas trop hors du temps, intemporels …. On s’intéresse à ce qui se passe maintenant, mais sans être à l’affût.

Les idées des morceaux viennent par une simple idée ? Le hasard des machines ?

Pierre : des visions nocturnes, des vieux rêves la nuit avec des morceaux entièrement dans la tête.

Clément : mais ça m’arrive souvent les morceaux qui arrivent dans la nuit …

Pierre : ça vient d’un son de synthé

Clément : de la bidouille généralement

Pierre : ça vient de tout, un beat, la guitare ….

Clément : Il n’ y a pas un morceau préétabli. C’est rarement une chanson déjà construite. Ca commence par un bout de rythmique, un truc un synthé, et la hop une harmonie, tu chantes, on laisse reposer …

Pierre : c’est progressif

Vous savez quelles émotions vous voulez faire partager ou cela reste plutôt instrumental.

Pierre : ce n’est pas de la conceptualisation

Clément : ça vient du son de départ. C’est ce que l’on est en train de faire qui entraîne le morceau vers ce qu’il va devenir. Mais c’est pas tiens « on va faire un morceau comme cela ».

Vous avez chacun des projets solos. Pour toi Marianne c’est le jazz ?

Marianne : quelque chose de jazz, mais ce n’est pas quelque chose de pro.

Et toi clément c’est Alb ?

Clément : C’est ça. C’est un projet pop électronique assez typé vintage et moins rock que Klanguage. Il y a des voix masculines. C’est de la pop boite à rythme, blindé de trucs electros mais ça ne se sent pas.

Pierre : c’est un croisement de Stereolab et des Beatles

Clément : c’est ça exactement. C’est dans le délire « Stereolabien ». Et avec le bassiste de Alb, c’est un autre projet. C’est invvvaders avec 3 V et c’est le versant totalement électronique, 8-bits qui démoule, décalé et rapide. Tout ce que l’on fait est souvent décalé, deuxième degré.

Pierre : et moi le projet electro c’est Yuksek.

Sur le prochain album, si vous pêchez les influences plus marquées de vous trois, à savoir pop pour Clément, Jazz pour Marianne et electro pour Pierre, Klanguage va devenir plus fou?

Clément : la croisée des chemins !

Pierre : déjà sur scène on joue un nouveau morceau.

Clément : la scène, déjà, va nous inciter à faire des choses plus de scène et c’est aussi un peu le danger de tomber dans la facilité d’un deuxième album.

Pierre : c’est sûr, on est partis, on a envi de faire des trucs qui envoient.

Clément : c’est ça, c’est un peu la chose où il faut faire attention. On a une technique de production un peu originale et qui donne beaucoup de contrainte. Et en ce moment, on a plutôt envi de ce dire : « là, il nous faut un morceau entre celui là et celui là ». Ne pas tomber dans la redondance. Il ne faut pas privilégier la facilité du jeu en live.

Internet a-t-il créé une émulation, du monde nous attend, …..

Marianne : pas pour l’album.

Pierre : pour Klanguage, c’est un peu différent car ce n’est pas tout à fait la cible des audioblog.
Pour Yuksek, ça s’est construit là dessus grâce à plein de blog. Si tu n’es pas dans une clique à la base, ce soutient là est essentiel. Pour Klanguage, il y a eu pas mal de chroniques dans des blogs suédois. Oui, c’est important et Myspace, on en dit ce que l’on veut mais c’est une révolution.

Clément : c’est une bonne vitrine

Pierre : c’est a toi de faire tes réseaux, et avant c’était vraiment plus difficile. De même que quand tu as un site Internet, c’est bien mais tu ne tombes pas dessus par hasard

Clément : il y a le formatage de l’interface qui fait que quand je veux écouter un titre je ne cherche pas à aller sur le site du groupe, je sais que je vais avoir 4 titres sur la gauche et ce sera la sélection de l’artiste.

La musique a été principalement dominée ces derniers temps par quelque chose de plus sombre dérangé, violent, lorgnant vers le hardcore … et vous amenez, avec beaucoup d’autres un vent de fraîcheur, ça change et c’est synonyme d’un temps ….

Pierre : c’est fluo.

Thibaut @ pdb 07


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