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[T]ÉKËL

Le duo [T]ÉKËL sort début septembre une compilation de ses rares maxis édités entre 2003 à 2007. Avec Loïc Le Guillou, je suis revenu sur leur premier disque ...


« A la base c’était Ekel. Le T, c’est pour la techno ». C’est peut être l’élément important de l’histoire de [T]ÉKËL, un duo qui aime les instruments et les guitares et qui n’a pas été « technoifié » depuis son enfance. Ils sont arrivés à dresser les machines par hasard. Puis découvrirent rapidement toute la force que le son pouvait avoir sur des personnes, dans un club, à quatre heures du matin. Cette décomplexion (très à la mode de nos jours) ne s’arrête pas à la musique et contamine aussi l’image du duo. Discret, mais caché sous des masques de chiens, leurs titres sont très littéraires : « On cherche des titres avec un humour de bas niveau ». « Youri margarine » est le genre de titre qu’un morceau peut porter. Un teaser « télé-achat à l’américaine » vient d’être diffusé sur Internet pour présenter un « coffret indispensable de [T]ÉKËL », mieux qu’un coffret de 10 cd des plus grand tube des années 90 pour 19.99 £. Ce sont les singles de 2003-2007 avec, entre autre, « Ridvo » et « Bezu Christ ». Une seule chose : « CALL NOW »

Rencontre avec Loïc Le Guillou du duo.

Il y a une certaine naïveté et singularité dans vos compositions. Vous pensez que de ne pas être imprégné par la culture electro, avec ses références et ses cadres, vous donne de la liberté ?

Je pense qu’effectivement ça en donne. Dans la culture electro, ceux qui perdurent ne sont pas des mecs très jeunes. Même la nouvelle génération, ceux que l’on a pas vu jusqu'à présent ne sont pas très jeunes. Si on considère que les mecs de Klaxons sont des dj, oui ils sont jeunes. Mais ceux qui perdurent et qui sont reconnus sont ceux qui ont une très grande culture musicale. Une culture musicale electro de 20 ans. Mais pour répondre à ta question, c’est la singularité, la liberté peut être. Cela nous donne plus de liberté d’avoir écouté plein de chose mais c’est le lieu commun d’un artiste. Plus tu as vu de chose quand tu es un artiste peintre et plus tu peux aller à l’essentiel pour toi, pour ce que tu as envi de faire. Si tu restes dans un schéma, après c’est difficile. D’ailleurs ça se voit sur Laurent Garnier. C’est un type qui a une très grande culture musicale, mais maintenant, il a du mal à se détacher de ce qu’il fait et les gens sont perdu quand il le vois et se disent : « mince c’est pas Laurent Garnier, c’est pas comme cela que le voyait ». Je prend cet exemple parce que j’ai été surpris il y a pas très longtemps et je ne pensais pas que ça allait être comme ça. Mais c’est bizarre, tout à coup d’avoir seulement cette culture electro. Mais c’est valable pour les autres musiques. La plus grande ouverture d’esprit te permet d’aller à l’essentiel pour toi, après que ça soit bien ou pas, c’est autre chose. Mais, être une éponge, l’essorer et connaître le jus qu’elle contient, c’est pas mal.

Est-ce que la machine permet d’être plus réactif et intuitif dans la création ? Vous essayez nettement plus, tentez plus au lieu de réfléchir ? Est-ce que c’est une approche qui te plait ?

Oui, alors ça, c’est un peu le problème des machines. C’est à dire que tu passes beaucoup de temps sur le son lui-même. Alors le son peut mener à l’émotion, mais la priorité c’est d’aller au son, au beat et avec les logiciels de musique ça donne une espèce de patchwork. Alors que pour la composition classique, il faut réfléchir. Mais c’est un peu le même principe sauf qu’il y a 4 types avec leur instruments : basse, guitare, clavier et à un moment donné, il se passe quelque chose. Après, il y a la composition assis devant son piano ou avec sa guitare pour faire un vrai morceau avec des mélodies et après ont fait les arrangement et ça forme un morceau. C’est vrai que la culture electro est plus dans la recherche du son, de l’ambiance, ce qui n’est pas forcement la priorité quand on est un groupe classique.

Il y a moins de réflexion antérieure à la création dans les morceaux orientés pour le danceflooor ?

Oui, mais d’abord, quand tu arrives dans ton studio, devant tes machines, tu te dis : « tiens j’ai une idée, j’essaye ça ». Puis un son intéressant apparaît, et ainsi tu continues, tu cherches et tu vas trouver quelque chose. Et ça, ce n’est pas de la composition normale. Et puis il y a un aspect mélodique qu’il n’y a pas dans la musique électronique ou très rarement. Car quand tu l’enlèves dans un morceau, il faut trouver une alternative, avoir un chanteur par exemple. Ce sont deux démarches différentes

Dans ce premier album, il y a des titres chantés connotés « new wave » et des autoroutes du plaisir très dansantes. Les titres pour le club apportent moins de mélancolies et d’émotions prononcées ? Pourquoi ? Ce n’est pas leur rôle ?

Je pense que tu ne dégages pas la même mélodie quand tu composes quelque chose pour un dancefloor ou quand tu te dis : « tiens, je vais me mettre à chanter ». Je suis issu de la génération qui a écouté beaucoup de musique anglaise des années 80, très influencé par la New wave ou le punk US. Et quand c’est un dancefloor, c’est difficile d’aller faire pleurer les gens qui sont en trance sous acid à quatre heures du matin ou de leur faire véhiculer une émotion pour qu’ils soient bouleversés. Par exemple, il y a des morceaux de l’album qui plaisent énormément aux filles, car ils sont mélancoliques, etc... Et ce n’est pas la même chose que quand tu passes de «Simone Garnier» à un morceau dancefloor, tu ne véhicules pas la même chose.

En parlant de « Simone Garnier », ce titre montre, à mon sens, toute la puissance et qualité de votre musique. On y retrouve tous les ingrédients de l’album (le rock, dark, club, funky). Comment avez-vous créé ce titre, vous êtes vous senti bien?

En fait, c’est un morceau qui a été crée et écrit assez vite. J’avais établi les bases seul dans mon studio avec la mélodie en « yogourt ». Julien a écouté et a dit que c’était génial. La gestation a été très rapide. Après, on a beaucoup travaillé sur le son et cherché comment nous allions l’emmener. Et je suis assez d’accord avec toi sur le fait qu’il soit un morceau assez représentatif, en tout cas de ce que nous aimerions faire et un peu ce que l’on aimerai que le son [T]ÉKËL soit dans les prochains disques. Même si on restera dancefloor sur les maxis que nous enregistrerons, on aimerait pouvoir aller dans cette veine car c’est un peu le schéma de notre musique. C’est à dire des choses electro, avec des mélodies un peu cold wave, avec des choses un peu punk garage. Tout cela vient vraiment de nos influences et c’est assez symptomatique de ce que l’on aimerait pouvoir faire. Mais pour moi, c’est un des morceaux que je trouve le plus réussi dans l’album. Après chacun est sensible. Par exemple, chez Initial Cuts, c’est un morceau sur lequel ils ont beaucoup hésité.

La voix donne une dimension supplémentaire à vos morceaux. Est-ce que cela vous influence beaucoup dans la création? Allez-vous jusqu'à écrire les paroles avant la musique ?


Non, pas sur cet album. Sur le prochain oui, car il y a des titres qui ont été commencés à la guitare et à la voix et qui seront arrangés par la suite. Aussi, nous avons mis un an et demi sur le disque. On s’est posé beaucoup de questions pour savoir où aller et au départ, nous sommes parti en nous disant qu’on allait faire ce que l’on a l’habitude et puis il s’est avéré qu’au bout de quelques mois on avançait plus. Et donc, nous avons discuté avec les gens d’Initial Cuts et ils nous on dit : « Voilà, nous, on attends plus de vous. On va faire un disque et c’est peut être le premier et le dernier donc il faut repousser les limites » et ils ont poursuivit : « bon, allez y faites ce que vous voulez, allez jusqu’où vous pouvez aller ». Et donc, on s’est remis en question et puis on s’est dit qu’il fallait faire comme avec Ekel, des trucs chantés et on va voir.


La compilation des « singles 2003-2007 » sort en septembre 2007 avant un second album, plus détaché des lois du dancefloor.

Teaser « singles 2003-2007 »



Thibaut


Interview [T]ÉKËL
En savoir plus sur [T]ÉKËL
[T]ÉKËL est composé de Julien Briffaz et Loïc Le Guillou. Julien Briffaz est le fondateur du label BRIF, qui publia en 1998 les premiers enregistrements solo de l’artiste house iconoclaste ARK.




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