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Zombie Zombie

Zombie Zombie est un duo Parisien (Etienne Jaumet et Neman Herman Dune) qui aime les cris le sang frais et les poils qui s'hérissent. Tout ça est donné aussi sec sur scène quand ils chaussent tous les deux leurs lunettes comme des masques pour mieux faire sortir de leurs machines l'énergie brute de leurs morceaux. Ils nous font très vite entrer dans un univers différent convoquant autre chose. Zombie Zombie est un duo qui a démarré comme ça un peu par hasard, d'une amitié autour des instruments et de la musique.


Êtes-vous satisfaits du résultat
Etienne Jaumet: Oui
Neman: Satisfait, je ne sais pas trop car les choses se font un peu comme ça, sans vraiment réfléchir, sans arrière pensées. On nous a proposé de faire un disque, on a accepté. Les choses se sont faites d'elles même.
EJ: C'est tellement dur aujourd'hui...plus personne n'achète de disques...
N: Si quand même mais on ne s'attendait pas à faire ce disque, à priori on avait pas d'attente, donc on est content.

Est ce que votre façon d'enregistrer est la même c'est à dire, entrez en studio, vous jouez pendant des heures, improvisez etc. Ensuite vous réécoutez ce que vous avez fait, prenez des séquences et là commencez à travailler sur des morceaux?
N: Ça ressemble un peu à ça, sauf que ça n'est pas pendant des heures, mais ce qu'on aime dans la musique en général c'est vraiment de jouer live, l'énergie live donc effectivement souvent les prises sont live et on garde les bonnes. On ne fait du tout du piste par piste où on rajoute des choses après, mais la base des morceaux synthé/batterie est toujours faite en live parce que je pense que c'est ça qui compte. C'est pas facile à faire ressentir autant sur scène que sur le disque, mais c'est comme ça qu'on a construit le disque: sans vraiment structurer les choses et on a laissé les morceaux nous guider dans des endroits dans lesquels on ne pensait pas forcement aller. On aime bien faire ça.

Donc l'énergie du live est sans doute plus représentative de votre musique que l'album?
N: Ouais, ce qu'on aime justement c'est provoquer des sensations avec les sons parce qu'on a des instruments qui sont des vieux instruments, des instrument analogiques qui ont justement cette capacité de pouvoir provoquer des sensations beaucoup plus grandes que n'importe quel logiciel informatique et c'est vrai qu'il y a cette envie de jouer avec ça, de pousser ces machines et de les faire chauffer. C'est ce qu'on recherche.
EJ: Les idées viennent comme elles viennent
N: C'est très animal, c'est vraiment plus instinctif que cérébral.

Oui, mai l'instinct est fait d'influences...
EJ: Oui bien sur, est fait d'inconscient, de vécu musical...

Et pour les morceaux, les influences étaient plutôt de quelle nature?
EJ: Nous, on avait plutôt des ambiances, voir des films, des bouquins, des périodes, c'est peut être pour ça qu'on est parti dans des idées d'ambiances un peu fin du rêve américain ou même carrément musique de films d'horreur. On avait ces images là en tête mais rien de précis, on a pas cherché à les reproduire. De toute façon on aurait pas réussi.
N: Disons que, c'était pour nous une manière de parler de choses qu'on aime beaucoup et dont je trouve qu'on ne parle pas assez souvent en musique. Que ce soit chez les pionniers de la musique électronique aux états unis, que ce soit Raymond Scott, Silver Apples ou les vieilles musiques de film d'horreur, qui sont des choses dont on parle de plus en plus maintenant. Mais c'est vrai que c'était une manière de parler de nos passions et de nos goûts musicaux, plus qu'autre chose.

Ça serait plutôt quelque chose qui tournerai musicalement autour de la musique cosmic à la fois de la branche allemande et la branche anglaise plutôt à la Spacemen 3...
EJ: Voire française aussi! J'aime beaucoup la musique française des années 70-80 où il s'est passé beaucoup de choses en musiques expérimentales, progressives. C'est vrai que bon , ce sont des scènes pas forcement très populaires, pas forcement très connues mais extrêmement riches avec des groupes finalement très importants, hyper novateurs, en dehors du système et c'est sûr que nos influences musicales, s'il y en a à chercher viendraient plus de là que du coté américain.
N: Je ne veux pas faire de ségrégation en disant qu'on aime pas ci ou ça , on aime Suicide, Les Silver Apples, qui sont des groupes américains. On est pas du tout en train de dire qu'on fait de la musique européenne même si on aime beaucoup les groupes qui pensent comme ça comme Turzi par exemple. Mais c'est vrai qu'on est pas aussi sectaire de ce coté, avec la volonté pan européenne entre guillemet, il y a des choses intéressantes dans tous les pays, un peu partout.

En ce moment il y a quand même de nombreux groupes groupes qui portent cette influence du kraut rock et je pense en allant plus loin, cette influence cosmique. Ils arrivent de DC recordings ou Smalltown supersound etc. Est ce que vous avez quelque chose à voir avec ce le Cosmos?
N: Il y a des théorie comme ça en histoire qui expliquent que des évènements se déroulent au même moment dans des endroits différents et je pense qu'on peut voir les choses comme ça car on a découvert DC recordings il n'y a pas très longtemps quand ils nous ont proposé de faire le remix d'un morceau de Kelpe. On a découvert Emperor Machine récemment, on va bientôt jouer avec Padded Cell à Londres. Moi j'aime beaucoup ce qu'ils font mais d'une manière générale, ça reste quand même une scène assez restreinte, DC recordings n'est pas super connu, pareil pour la scène française Parisienne, que ce soit Turzi ou Aqua Nebula Oscillator, il y a pas de gens qui sont devenus connu avec ça pour l'instant ça reste assez...
EJ: Marginal!
N: Il me semble toujours possible de trouver des gens qui font la même chose au même moment dans ce domaine là. Les Justice on repris un titre des Goblin; du film Tenebre; sur un des morceau mais ils n'en parlent pas trop parce que je crois qu'ils auraient bien aimé l'avoir composé. Ils ne se sont vraiment pas fait chier au passage. Mais l'explication, je ne saurais pas dire.
EJ: C'est un travail d'historien...

Mais au delà du fait musical, comme dans les années 70 où les groupes comme Harmonia, Cluster ou Neu pouvaient avoir quelque chose à voir du coté de Stockhausen, ses visions cosmiques et maintenant pour vous qu'est ce que ce serait?
EJ: Peut être les rééditions de ces groupes là justement
N: Voilà, je pense qu'on a toujours aimé cette musique, on a toujours été fascinés par les pionniers de la musique électronique, les synthés analogiques aussi et forcement ce sont des instruments...
EJ: Magnifiques!
N: Que ces gens utilisaient donc on s'est dit : « tiens, on a ces instruments, qu'est ce qu'ils ont fait avec? » donc on a écouté ce qu'ils ont fait. Pour nous ça s'est passé comme ça, je ne saurais pas expliquer pour les autres. On adore fouiner, trouver des...
EJ: De vieux disques!

On dirait plutôt une démarche de collectionneur. Quand on regarde le studio d'Emperor Machine, on se dit que c'est vraiment une affaire de collectionneurs et qu'il doit devenir complètement fous avec tout ça entre ses mains.
N: On a sûrement beaucoup moins de choses
EJ: On en a pas tant que ça je pense, j'ai surtout passé beaucoup de temps à utiliser les synthés. On est plutôt dans la démarche de recherche, essayer de s'approprier et de trouver un langage avec nos instruments plutôt que d'essayer de reproduire ce qui a déjà été fait.
N: Il y a des gens plus collectionneurs que nous
EJ: Oui largement
N: Mais on aime ça en tout cas

En écoutant Zombie Zombie nous sont venus en tête des morceaux longs et pourtant sur l'album ils sont assez courts, est ce que vous les pensez appropriés au live?
N: On a vachement de liberté donc c'est très variable.
EJ: Les morceaux ont tendance à s'étirer sur scène en fonction de si on se sent à l'aise ou pas ou si le public répond bien.
N: Ça dépend du médium, tu vois ce soir on joue 40 minutes donc on a pas beaucoup de temps pour s'exprimer. Des fois on fait des morceaux courts, des fois très long, on a pas de règle.
EJ: Ici c'est un festival, on a intérêt à être efficace. Et puis sur l'album il y a un morceau de neuf minutes quand même, c'est pas mal. Pour de la musique instrumentale, c'est pas facile de faire de longs morceaux où on a pas de texte qui nous aide. On doit trouver d'autres solutions
N: Effectivement, ouais ils auraient pu être plus longs...
EJ: Ca dépend des fois, ça s'est fait comme ça, on essaye pas de calculer c'est vraiment spontané.

Oui, mais je sais que dans des morceaux plus longs on a peut être plus le temps de se plonger dans quelque chose, dans votre univers...
EJ: Ouais mais en même temps on ne peut pas se forcer.
N: Non c'est vrai mais ce qui est marrant quand tu joues comme ça sur un morceau, sur la longueur, c'est quelque chose qu'on apprend au fur et à mesure, c'est très difficile, il y a des fois c'est un peu un challenge. Nous on aime ce coté hypnotique, que ce soit la même chose pendant très longtemps et jouer avec ça. Mais c'est des fois difficile d'être intéressant pendant longtemps, des choses s'épuisent et des fois ça marche donc on se dit que c'est bon et qu'on peut faire durer le truc longtemps et des fois non. Tu as toujours tendance à sortir plein d'idées, tout en même temps et puis à ne pas laisser les choses se faire tout doucement et je pense qu'on apprend et qu'on tend à faire des choses de plus en plus longues et à se laisser aller avec, mais ça prend du temps pour que ça devienne intéressant je trouve. Ce qui est bien c'est d'aller doucement, de développer les choses lentement. Les moyens d'expression d'aujourd'hui, que ce soit des festivals comme ça où tout va vite, ça ne cadre pas trop avec ces idées là. Même sur les disques, bon tu vois, c'est vrai qu'on aurait pu sortir un album avec un seul morceau. Pourquoi pas, c'est pas une mauvaise idée, moi je trouve ça cool mais c'est pas facile.

Il faut à chaque fois installer son propre temps dans sa musique et dans un concert de quarante minutes il n'est parfois pas évident de rentrer dans la musique, même d'un groupe qui peut jouer de très longues pistes.
EJ : Surtout nous qui faisons une musique pas si facile que ça en fait. Donc parfois, les gens sont interloqués, ne savent pas trop comment réagir. Mais quand ça prend, ça peut être vraiment des moments... vraiment orgasmiques. photo: Marco dos Santos

Thibaut & Joey


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