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BFI
The Dragons Ninja Tune / Pias (2007-08-13)
En lisant la biographie de ce mystérieux groupe The Dragons, j’ai immédiatement fait référence à l’histoire de Bernard Fèvre (Black Devil Disco Club) raconté il y a quelques mois. Se lancer dans la conception d’un album fin 1960 sans aucune classification commerciale suffisamment porteuse pour être sorti était fou mais intègre. Le disque s’oubli, le groupe avec. Et quarante ans après, des chercheurs « ès sample » tombent sur ces trésors, enquêtent puis retrouvent leur pères. Chemical Brothers pour Black Devil Disco et Dj Food pour The Dragons.
Ecouter un album qui aurait dû sortir il y a trente ans est particulier. A quel temps appartient t’il ? Celui de son enregistrement ou de son écoute par le public ? Biensûr, l’empreinte musicale se date, cette façon de produire est caractéristique d’une époque. La batterie est sautillante et pure. Ces empilements harmoniques d’orgues et de voix sont frissonnants. Les thèmes sont particulièrement bien tenus, les décrochements séduisants et les variations suffisamment jouissives. Une certaine rigueur mais un réel génie dans l’expression. L’originalité de cet album se situe dans le savant produit d’un rock psyché qui n’entache pas une soul très ancrée. Un équilibre qui donne de la dimension au spectacle qu’ils me proposent. L’opéra rock "BFI" avance progressivement son histoire variant les épreuves comme en témoignent les folies illuminées et japonisante de "Sandman" ou les appels de pitié des cœurs se lamentants sous les bombes. L'Opéra, une ambitions pour cette famille de parents chef d’orchestre et chanteuse d’opéra. Et les expériences psychédéliques, une folie de la part des trois frères. Des voix sont hachées, des séquences diaboliques sont menées à l’orgue. Ils s’offrent même un long déphasage de la bande, une vison d’images dédoublées qui cherchent à se superposer. Mais les délais et échos s’empilent sans dénaturer l’ensemble. Les sons meurent très loin après s’être caressés entre eux. Un raffinement et une sensualité palpables. Ce spectacle radiophonique est réussi, l’insertion d’images sonores rempli de sens le décor des interprétations des différents acteurs. "Big mike requiem", empreint de génie et de folie, m’a touché. Le passage du dramatique au mystique, des sphères matérielles aux paradis imaginaires est réussi. Des folies musicales à influences cosmiques en sont les causes, se générant puis se déconnectant, tel un acte inconscient. Tracklist
En savoir plus sur The Dragons www.hi-nu.com/musique/The Dragons/ |
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